L'enclos paroissial, situé au centre de l'agglomération, est traditionnellement un domaine sacré pour l'habitant d'une commune bretonne. Chaque dimanche, il y retrouve ses proches... vivants comme morts. Cette institution est commune à toute la Bretagne, mais les monuments les plus remarquables aujourd'hui se situent entre Léon et Cornouaille.

pleybeneglise

L'enclos typique est constitué de quatre éléments indissociables : le cimetière, l'église, l'ossuaire et le calvaire. Cette ensemble est entouré d'un muretin de pierre ouvert par un portail bien souvent de belles dimensions.

Chef d'oeuvre de l'art religieux, l'enclos paroissial de Pleyben est, sans conteste, l'un des plus beaux et l'un des plus complets de Bretagne : église, calvaire monumental, ossuaire, arc de triomphe.

La construction date des XVI ième et XVII ième siècles. Il a été complété au XVII ème (1690) par l'adjonction de la sacristie et l'édification de la porte monumentale dite " porte de la mort ". Le mur qui cerne l'ensemble a pour symbolique la séparation du monde des vivants de celui des morts. Il empêchait également les animaux de franchir le seuil de l'enceinte sacrée.

L'édifice est aujourd'hui classé monument historique

L'église Saint-Germain

La splendide église Saint Germain est un édifice remarquable tant par son étendue que par le style de son architecture, singulier mélange de gothique et de style renaissance. Ce contraste donne un effet aussi piquant que pittoresque, et l'observateur trouve l'avantage de comparer sur un même lieu, dans un même monument, trois genres d'architecture très opposés l'un à l'autre, et qui pourtant s'y trouvent réunis avec assez d'art pour que leur ensemble ne choque nullement les regards.


Cet édifice est dominé par deux clochers dont le plus remarquable est celui de droite. Il s'agit d'une tour Renaissance couronnée par un dôme à lanternons. À l'intérieur, la nef présente une voûte lambrissée du XVI ième dont les nervures et la remarquable sablière sont sculptées et peintes de sujets mythologiques ou sacrés dont 62 personnages et 116 clefs. On y trouve également de nombreuses statues polychromes. L'église abrite en outre un Grand Orgue de Thomas Dallam datant de 1688.

Le calvairecalvaire

Le calvaire édifié en 1555 et déplacé en 1738 fait partie des trois calvaires importants du Finistère (avec Notre Dame de Tronoën à Saint Guénolé et celui plus récent de Guimiliau), et prend des airs d'arc de triomphe. On peut y admirer une trentaine de scènes de la vie du Christ, sculptées dans la pierre de Kersanton et étagées sur deux niveaux. Son aspect actuel date de 1743

L'ossuaire

L'ossuaire est le plus ancien du Finistère en tant qu'édifice indépendant de l'Eglise. Daté du XVI ième siècle, il est un des plus remarquables, et celui dont l'architecture gothique est la plus raffinée et la plus flamboyante. Il se tient en lieu et place d'un ancien cimetière. Il servit longtemps de chapelle funéraire et l'on y déposa aussi les ossements des trépassés. ossuairePuis il fut école et bureau de poste. En 1850, les conscrits y étaient tirés au sort et les médecins y tenaient leurs séances de vaccination. Aujourd'hui, il abrite un musée.

La sacristie

Enfin la sacristie apparait, vue de l'extérieur ou de l'intérieur, comme l'un des plus purs joyaux de l'ensemble architectural, remontant aux années 1680-1690. Elle présente un plan quadripode. La coupole centrale et les chapiteaux ioniques représentent la véritable nouveauté apportée par la renaissance française dans l'Enclos paroissial.

 

Pleyben conserve six chapelles nichées dans sa campagne et une chapelle dans le bourg.
Il faut souligner l'apport précieux des associations qui, en collectant des fonds et en donnant de leur temps, ont permis la restauration de ces chapelles et contribuent à la préservation du patrimoine de la commune.
Ces chapelles sont de fait, et à juste titre, la fierté de ceux qui en assure la conservation

CHAPELLE DE GUENILY (Pardon le premier dimanche de mai)guenily

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Dédiée à Notre-Dame du Bon Secours, selon la tradition elle aurait été édifiée à la suite d'un voeu fait par le seigneur de Trésiguidy durant sa captivité pendant les croisades. La date, 1689, inscrite sur le pignon de l'abside témoigne de sa reconstruction à cette époque.

Un vitrail de 1993, création de maître verrier Jean-Pierre Le Bihan de Quimper, évoque la noyade accidentelle de 61 personnes dans l'Aulne, au moulin voisin de Trésiguidy, en 1693. Un autre vitrail représente la croisade du Seigneur de Trésiguidy.

 

CHAPELLE DE LA TRINITE (Pardon le dimanche de la Trinité)trinite

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Le document le plus ancien relatif à cette chapelle est un aveu de 1603 où le seigneur de Pennaud, Pierre de Coatrediez, revendique son patronage. De nombreuses restaurations sont effectuées entre 1727 et 1993 (embelissement des peintures, réfection de la toiture, ...). Les vitraux sont une création du maître-verrier de Pluguffan, Charles ROBERT et de l'artiste peintre de Locronan, Alain RONAN.

A l'intérieur la statuaire est d'une grande richesse, deux groupes de sculptures réprésentent la trinité, on retrouve aussi l'archange Saint Michel, Notre Dame à l'enfant, Saint Anne et Saint Catherine.

 

CHAPELLE DE LA MADELEINE (Pardon le 3 ème dimanche de juillet)madeleine

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Cette chapelle est construite sur une fontaine aujourd'hui tarie, encastrée au bas du pignon ouest, près du portail. Elle est située sur le territoire de Tréffléau, dépendant de la seigneurie de Quillien. Mentionnée dès 1500 d'après des papiers de famille de M. Kerret du château voisin de Quillien. Elle est restaurée à plusieurs reprises en 1731, 1858, 1980 et 1994.

La chapelle n'est pas vendue à la révolution et reste prééminence des seigneurs de Quillien, la vitre du midi affiche aujourd'hui encore les armes de la famille et livre leur devise "tevel ha gober", se taire et agir.

 

CHAPELLE ST-LAURENT ( Pardon le 2 ème dimanche d'août )LAURENT

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Mentionnée dès 1500 dans une bulle d'indulgences, elle est alors dénommée chapelle Saint Tugdual. Elle est restaurée en 1662 et devient chapelle Saint Laurent. ces deux saints semblent partager le patronage jusqu'en 1760, date à partir de laquelle elle n'est plus désignée que par le vocable Saint Laurent.
Cet édifice a conservé une charpente ouvragée, en carène renversée, comportant des nervures décorées, des clefs pendantes et des sablières.

 

CHAPELLE DE GARS MARIA (Pardon le 1er dimanche de septembre)

garsmaria

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Dédiée à Notre-Dame-desBonnes-Nouvelles, elle aurait été fondée à la suite d'un voeu d'une demoiselle de la Boissière, au cours du XVI ème siècle. Elle connaît des remaniements successifs, notamment à la fin du XVIIème siècle. En 1746, elle est frappée par la foudre et doit partiellement être reconstruite. A la fin du XIX ème siècle, l'édifice est dans un état de délabrement tel que le culte n'y a plus lieu.

Il reprend en 1901, après un accord passé entre M. LE COZ, curé doyen et M. le marquis René de Bizien du Lézard qui en revendique la propriété.
Le clocher, endommagé par la foudre, est restauré en 1993, avec l'aide du Conseil Général, du Conseil Régional et sur l'iniative de la commune avec le soutien du comité de chapelle.

 

CHAPELLE DE LANNELEC (Pardon le 3 ème dimanche de septembre)LANNELEC

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Fondée en 1490, comme l'indique l'inscription sur l'une des colonnes à l'intérieur, sur une trève de l'évêque, "trefnescop", cette chapelle est la plus grande de la paroisse.

D'autres inscriptions comme sur les panneaux sculptés de l'ancienne porte nord: 1546 "mater dei ora pro me", sur le linteau de la fenêtre de la sacristie: "jacq.plassarg, fabrique 174", sur la porte de la sacristie; 1742; ou au dessous de la porte nord "F. Faire Par F. Le Roux Fabrique LAN M DCC LXIV" nous donne des informations concernant ces diverses restaurations ou réfections.
En 1789, elle est vendue par la République à Y. Lanniel, épicier du bourg, qui la céda en 1801 à Jacques Kergoat et consorts de Kerlann, lesquels la cédèrent à la commune.
A l'intérieur, une statue en bois polychrome de la seconde moitié du XVI ème siècle, représente Notre Dame de Lannélec en vierge allaitante, placée dans un niche à volets comportant trois bas reliefs figurant l'Annonciation, la Visitation et la Nativité.

LA CHAPELLE DE LA CONGREGATION congregation

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Située au Centre bourg, à proximité de la mairie et aussi appelée "chapelle neuve", elle fut fondée par les seigneurs de la Boissière, probablement vers la fin du XVIIème siècle pour la confrérie de la Congrégation. Son nom de chapelle neuve lui vient de sa reconstruction totale en 1889, sur les plans du chanoine Jean Marie ABGRALL, par l'entreprise Gassis de Chateaulin.
Edifice modeste, sans ambition architecturale, son excellent emplacement en fait un lieu de réunions, de retraites, de communions et de catéchèse tout à fait adapté. La dernière restauration remonte à 1994 avec notamment la création de nouveaux vitraux par l'atelier du maître verrier Charles ROBERT de Pluguffan et la réalisation d'une fresque par l'artiste Alain RONAN de Locronan.

IMG_4777Une manifestation populaire.

Le projet d’illumination des calvaires, porté par l’Association des 7 calvaires monumentaux de Bretagne, s’inscrit dans une démarche innovante à de multiples égards.  

Il s’agit, en effet, de proposer aux visiteurs une vision moderne du patrimoine qui intègre une colorisation, aujourd’hui disparue de ces édifices. L’un de ses objectifs est aussi de démocratiser un procédé technique généralement employé sur des édifices de grande ampleur comme les cathédrales. Mais, la réalisation d’illumination sert avant tout la connaissance de ce patrimoine singulier en expliquant de façon éclatante que les calvaires monumentaux étaient des œuvres artistiques de premier plan qui accompagnaient, à l’instar des enclos paroissiaux, la population dans sa vie quotidienne.

Peu ou prou de traces

S’il est avéré que les monuments anciens étaient peints depuis l’Antiquité jusque (plus ou moins) aux temps de la Réforme, il n’existe pas de témoignages écrits ou iconographiques, sinon très rares.  

Les nouvelles méthodes de restauration ont permis sur de rares édifices, de retrouver des vestiges minuscules de pigments qui
attestent toutefois de la réalité de ce que nos esprits modernes peinent parfois à admettre.  

L’exemple de la cathédrale d’Amiens est remarquable en ce sens par la découverte in situ des pigments colorés. Il est donc, au
plan historique, parfaitement légitime de proposer au public une vision colorée de ces monuments.

La couleur, loin de masquer le beau travail du sculpteur, le met en valeur, le magnifie, lui donne sens et permet au voyageur de
comprendre le rôle, la personnalité de chaque personnage qui, ainsi, lui devient plus familier.

Des calvaires polychromes ? 

En 1953, l’essayiste et critique d’art Victor-Henry Debidour, dans  La sculpture bretonne, résumait les caractéristiques de cet art par : sa rudesse, sa rusticité, sa magnificence, sa fantaisie et sa polychromie. A cette occasion, il relevait des traces de peinture sur plusieurs calvaires dont ceux de Saint-Thégonnec et de Plougonven. Affirmant son opinion, il poursuivait en indiquant, à propos du calvaire de Saint-Jean-Trolimon, que « (…) le monument était tout entier peint : les banderoles de l’Annonciation, des Limbes, de l’Apparition à Madeleine portaient les paroles que la tradition canonique ou apocryphe rapportait à ces épisodes. ».
Des témoignages plus anciens viennent attester de la polychromie de certains de ces édifices comme celui transmis par le brestois Jean-François Brousmiche lors de ces  Voyages dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831 où  il décrivait le calvaire de
Plougastel en ces termes : « (…) ce monument a été comme tant d’autres, complètement barbouillé ; les figures en ont été peintes par un artiste de Landerneau qui n’a voulu laisser ignorer ni son nom ni la date de cette singulière restauration (…) »

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